Réchauffement climatique et migrations environnementales : une réalité

Le premier « État de la migration environnementale », que vient de publier l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avec l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), indique que les migrations liées à une dégradation de l’environnement sont désormais plus importantes que les migrations liées aux conflits.
En 2008, les conflits ont provoqué le déplacement de 4,6 millions de personnes. La même année, 20 millions de personnes ont dû quitter leur lieu de résidence à la suite d'une catastrophe naturelle.
Les « migrants environnementaux » ont été 15 millions en 2009 et 38 millions en 2010.
Selon François Gemenne, chercheur à l'IDDRI, « l'année 2011 devrait voir un chiffre de même ampleur. Le tsunami et l'accident de Fukushima, les inondations en Thaïlande, en Chine et aux Philippines ont provoqué des déplacements massifs ».
L'un des principaux apports de l’étude*, note Hervé Kempf dans Le Monde du 29 décembre 2011, est de montrer que « des événements soudains et brutaux ne sont pas seuls à provoquer ce type de migrations. Une dégradation lente de l'environnement peut aussi conduire à des déplacements involontaires ». Par exemple, la fonte des glaciers himalayens au Népal, les sécheresses durables, comme au Darfour (Soudan) ou dans le Nordeste brésilien, ou encore la déforestation de l'Amazonie brésilienne.
Selon François Gemenne, « il faut déjà réfléchir à un scénario de fort réchauffement, qui impliquerait une nouvelle distribution des populations à la surface du globe. Certaines zones ne seront plus vivables et leurs habitants devront migrer. Il vaudrait mieux y penser aujourd'hui, plutôt qu’avoir à décider dans l'urgence. »
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Réchauffement et migrations
*Étude réalisée par des étudiants de Sciences Po-Paris sous la direction des spécialistes François Gemenne, Pauline Brücker et Joshua Glasser.

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